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Bac français

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Un blog réalisé pour aider les lycéens dans leurs révisions au bac français

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Le pont Mirabeau - Apollinaire

Le pont Mirabeau.

Guillaume Apollinaire (1880-1918) Poète français. Transformant l'anecdote quotidienne en mythe, il fonde son lyrisme sur un sentiment poignant de l'amour enfui, sur un sens très personnel de la voix et sur l'esthétique de la surprise. Il fut un des initiateurs de la poésie moderne et soutient les peintres cubistes. Il fut l'amie d'Alfred Jarry, de Picasso « Alcools »1913, « Calligrammes »1918.
Alcool est un regroupement de poèmes. Au début, il voulut appeler cela « le vent de Rhin » puis, « Eaux de vie » puis « Alcool ». Ces poèmes sont tristes, lyriques. Ce sont des élégies. Ce poème n'a pas été compris (plus de ponctuation).

Ce poème « Le pont Mirabeau » est issu du recueil « alcools » publié en 1913. il fut inspiré par Marie Laurencin, c'est une élégie (exprime une plainte, triste). Le poète nous dit son regret du temps qui passe. Comment Apollinaire a-t-il renouvelé par son écriture des thèmes traditionnels ?

I fuite du temps et de l'amour.

1)Analogie entre l'eau qui coule et les amours du poète.·
La fuite du temps est suggèrée par le refrain.(2 hectasyllabes).
· Indicateurs de temps (nuit, l'heur).
· Verbes de mouvements « coule, venait, passe, s'en vont ».

2)Registre lyrique .
· 1ère personne.
· Expression des sentiments personnels « joue, peine, espérance ».
· Type de phrases « exclamative, interrogative ».
· Image « Le pont de nos bras »
· Il y a l'idée de la permanence du poète « je demeure » tout espoir d'un nouvel amour.
· Lassitude du poète « semblable à l'eau.
· Structure cyclique (refrain reprenant).

Transition : Ce sont des thèmes traditionnels mais qui sont renouvelés par l'écriture.

II la modernité du poème.

I Une grande fluidité
· Suppression de la ponctuation.
· Structure du texte : 4 quatrains, 2 décasyllabes encadrent un hectasyllabe et 1 hexasyllabe. Les refrains : on distingue (2 vers) d'heptasyllabes.
· Schéma des rimes originale.
· Rimes féminines en plus grand nombre donc une grande douceur.
· Paronymes : vie est lente _ violente.
· Enjambement

2-la musicalité.
· De nombreux [e] muet (refrain).
· Assonance en [v]
· Allitération en

Conclusion :
Il oppose la performance du poète « Je demeure à la fuite du temps » comme il sait nous toucher : Il rend ce thème universel.

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#Posté le samedi 20 mai 2006 04:58

Modifié le dimanche 20 novembre 2011 17:14

Les intérêts et difficultés de l'autobiographie

Les intérêts et difficultés de l'autobiographie (français - 1re générale)

Les intérêts de l'autobiographie sont nombreux et divers. En premier lieu, ce genre littéraire est l'outil de la description de soi-même. Ensuite, les autobiographes plongent dans leurs souvenirs pour y retrouver une personnalité perdue. Puis vient l'« apologie » de sa personne, qui explique, défend ou justifie les choix ou les traits de caractère de l'auteur, pour soi-même ou pour le grand public. Mais les intérêts de l'autobiographie touchent aussi au message délivré par l'oeuvre.

En effet , l'écrivain, à travers le récit de sa vie, décrit les époques, les expériences, les aventures ou les périples de son existence. A travers ceux-ci, il juge, plaidoyer ou réquisitoire, le monde qui l'entoure. D'abord, le but premier et légitime de l'autobiographie est le récit de sa propre vie. « Moments précieux et si regrettés ! Ah ! Recommencez pour moi votre aimable cours ; coulez plus lentement dans mon souvenir, s'il est possible, que vous ne fîtes réellement dans votre fugitive succession ». C'est ainsi que Rousseau voit le l'intérêt premier de l'autobiographie. Pour l'écrivain, retracer son existence est un plongeon dans le monde des souvenirs, agréables ou douloureux, enrichissants ou ayant marqué un tournant dans sa vie, revivre les instants de sa vie tout en ayant un regard extérieur, adulte et réfléchi. Ainsi, Nathalie Sarraute, grâce à cette entreprise d'écriture, revit le bonheur de sa jeunesse, qu'elle qualifierai de « joie », bien que ce mot fut « trop modeste » pour le sentiment éprouvé. L'écrivain, tout au long de sa jeunesse et de croissance, physique comme intellectuelle, traverse les époques et les péripéties. Mais le narrateur n'est plus le protagoniste, malgré le Pacte Autobiographique de Philippe Lejeune, et l'auteur se découvre alors un intérêt certain: la remémoration de moments de bonheur ou de personnes aimées. « Je me levais avec le soleil, et j'étais heureux ; je me promenais, et j'étais heureux ; je voyais maman, et j'étais heureux ; je la quittais, et j'étais heureux ». C'est ainsi que dans ses Confessions, Rousseau exprime son bonheur puéril dont il puise un bonheur « mémoriel ». Pour lui comme pour de nombreux auteurs, le lyrisme est alors l'outil de ces descriptions, au contraire de Sarraute, qui ni voit que superficialité.

En second lieu, l'autobiographie tient l'intérêt d'une apologie de soi-même, ou encore d'une justification ou simplement d'une explication de sa personnalité, de ses choix ou encore de sa vie. Cette apologie, cette critique ou encore cette « dissertation » peut s'adresser au public mais aussi et surtout à soi-même. Montaigne met de ce fait le lecteur dans la confidence : il rédige un ouvrage personnel adressée à ses proches et non destinée au « monde ». Le dessein même de l'autobiographe est de se connaître, de se découvrir. Cependant, ce dessein, s'il est suivi jusqu'au bout, conduit alors a une description personnelle qui s'étend à de nombreuses personnes y trouvant un miroir pour leurs propres vies. Ainsi Georges Perec, à travers son oeuvre W ou le souvenir d'enfance, offre au lecteur la possibilité de se retrouver dans ses écrits. Mais la découverte de soi-même peut aussi conduire à une description, une analyse de la société dans sa globalité. L'écrivain peut alors, à travers son ouvrage et de part une expérience totalement personnelle, répondre à une interrogation universelle ou encore, peut partager son avis sur un mal de société. « Suis-je bon, méchant, spirituel, bête? Ai-je su tirer un bon parti des hasards au milieu desquels m'a jeté et la toute-puissance de Napoléon (que toujours j'adorai) en 1810, et la chute que nous fîmes dans la boue en 1814, et notre effort pour en sortir en 1830? Je crains que non, j'ai agi par humeur, au hasard". Chateaubriand ainsi que nombreux autres autobiographes s'interrogent ainsi sur leur personne ou sur leurs choix, créant alors une « généralisation » au sein des lecteurs qui trouvent en l'oeuvre de l'écrivain la vie d'une personne commune à laquelle ils s'identifient. C'est ainsi que Montaigne se présente, dans ses Essais , où ses défauts comme ses qualités sont exposée, Montaigne se rangeant alors dans la communauté et ne cherchant donc pas à « s'élever au dessus de la masse. »Enfin, dernier intérêt de l'autobiographie, avoir la possibilité, à travers le récit de sa vie, de prendre parti, plaidoyer ou faire un véritable réquisitoire à l'encontre de certains aspects du monde qui l'entoure et dans lequel il a grandi et évolué. Ainsi, à travers son oeuvre Mémoires d'une jeune fille rangée , Simone de Beauvoir érige son oeuvre en véritable réquisitoire, implicitement ou explicitement, contre la société bourgeoise dans laquelle elle est née, à laquelle elle a appartenu et à cause de laquelle elle s'insurgea contre des principes tels que le conformisme et le dégoût de la misère. L'autobiographie est donc, pour l'écrivain, un médium expressif et dissimulant, permettant de offre un support vivant à une argumentation qui souvent, est illustrée par des exemples vécus ou rapportés. Elle représente un moyen convaincant des faire passer ses idées, ses messages, ses désirs, ses espoirs. Michel de Montaigne, encore une fois, fera dans Des cannibales (Essais, chap. XXXI), une critique virulente et parfaitement argumentée de la société colonisatrice et esclavagiste du XVIème siècle à travers l'apologie de la vie sauvage, dans laquelle est absente toute forme de corruption, de haine ou de jalousie. Plaidoyer ou réquisitoire, elle se fait souvent détractrice ou avocate d'une cause, d'un événement, d'une classe sociale. Néanmoins, l'autobiographie ne possède pas uniquement des côtés positifs ou des avantages, elle représente également le fruit d'un long et parfois douloureux travail, comparable à un accouchement.

Le travail du biographe est à priori une entreprise élémentaire et distincte des autres genres littéraires. Cette création est d'abord élémentaire car elle ne suppose aucun travail d'imagination de l'auteur, qui écrit son passé et non une création portant sur des personnages inventés de toute pièce. Mais c'est une entreprise à la fois distincte des autres genres littéraire car elle se délivre du roman ou de la fiction, qui caractérise la littérature traditionnelle. Pourtant, ce dégagement des astreintes de la fiction ne va pas de soi. Il pose des problèmes d'écriture et de lecture car il dévoile en fin de compte un objectif tenant autant de la métaphysique ou de la philosophie que de la littérature : tout autobiographe est à la recherche de soi.

Etudions d'abord les obligations de l'autobiographe liées au Pacte Autobiographique de Philippe Lejeune. En premier lieu, l'équation de base de toute autobiographie est la suivante : l'auteur doit à la fois se confondre avec le narrateur ainsi qu'avec le personnage. Ce dogme est considéré comme un contrat tacite entre écrivain et lecteur. Des auteurs tels que Marguerite Yourcenar ou Nathalie Sarraute évoluent dans cette sphère alors que Rousseau, par exemple, ne prend pas en compte cet aspect concret du contrat dans son préambule. C'est au long de son oeuvre que l'on distingue peu à peu la superposition entre écrivain, narrateur et protagoniste. Pour pallier à cet obstacle, certains auteurs ajoutent à cette équation un double, une voix extérieure ou intérieure, permettant une position de juge à soi-même. Nathalie Sarraute, au travers de Enfance, nous fait partager cet aspect de l'autobiographie, qui est une solution autant pour la jonction absolue entre auteur, narrateur et personnage qu'envers le désir d'authenticité.
Ensuite, un second pilier du Pacte Autobiographique est le devoir d'authenticité de l'auteur. En effet, ce second dogme se présente d'abord comme une difficulté latente : il s'agit pour l'écrivain de donner des renseignements exacts et de plonger dans le monde de la mémoire et des souvenirs pour écrire avec le plus de sincérité. Marguerite Yourcenar décrit avec précision le travail destructeur du temps sur les souvenirs, d'une part, et décrit les traces concrètes du passé dans le présent, d'autre part. Le travail autobiographique pose pour elle les mêmes problèmes que ceux qu'un chercheur peut rencontrer 1ors d'une reconstitution historique. La sincérité, qualité recherchée par tout autobiographe, est véritablement inatteignable car « le temps l'érode peu à peu » (Marie Darrieussecq). Ce manque de sincérité contraint alors l'auteur à la fiction, rompant alors le Pacte ainsi que la confiance et la crédulité du lecteur. Il faut donc combler les brèches : Giono reconnaît que si l'essentiel de Jean le Bleu est authentique, il a néanmoins modifié, ajouté, un certain nombre de détails faisant faute dans sa mémoire. Pour Rousseau, le cas est différent. Lui aussi revendique l'authenticité, seulement elle est bien vite contredite, puisqu' il avoue lui-même utiliser le relais de l'imagination pour combler ses trous de mémoire. Pour Montaigne, enfin, le désir de se peindre "tel qu'il est" est avoué d'entrée de jeu. Cependant, il tombe dans le travers de l'égocentrisme, d'une peinture peu objective de soi: il est, malgré ses dires, sensible à l'opinion des autres, à la bienséance, qui le détournera bien souvent de son objectif premier : tout avouer.

D'autre part, le piège dans lequel tombent nombre d'autobiographes est le culte de soi. En effet, Tous les textes disent vouloir faire un portrait objectif, donc flatteur de soi-même.

Cependant, il est facile de comprendre que toute entreprise autobiographique, centrée sur soi, mène par sa nature même à se présenter comme un être plus digne d'intérêt que les autres, puisque cet être mérite le travail d'une autobiographie. Ce piège est celui où tombe très certainement Rousseau. Celui-ci se pose alors comme un être majestueux et digne : « Je viendrai, le livre à la main ». Marguerite Yourcenar semble échapper à la règle, grâce à sa lucidité. Car si « L'être que j'appelle moi » n'a ni « nom », ni « forme », c'est par cette distanciation qu'elle exprime et transmet au lecteur sa vie.
Par ailleurs, le problème de l'objectif de l'autobiographie se pose. Deux écrivains, Rousseau et Montaigne, avouent que 1' écriture autobiographique est là pour combler un manque dans leur relation à autrui. Montaigne prévoit en effet qu'après sa mort, ses proches trouveront plaisant et utile cette mémoire de lui-même. Montaigne présente donc ses Essais, orientés vers un objectif privé. Mais ses écrits vont bien au-delà de la sphère privée et touchent la société entière. Il y a un phénomène de distanciation entre objectif premier et objectif final. Rousseau, lui, a des comptes à régler avec certains « blasphémateurs », leurs propos étant allés à l'encontre de sa « sainte personne ». Les accusés sont caractérisés par le "on" recouvrant à la fois Voltaire, et le pub1ic plus 1arge de ses lecteurs et de la société. A travers son oeuvre, Rousseau abandonne le genre autobiographique pour s'immiscer dans l'écriture d'un véritable plaidoyer défendant sa propre cause, se justifiant à tout moment. Au contraire, Marguerite Yourcenar, elle, ne se situe pas tant par rapport à son entourage que par rapport à cette recherche du passé.

Autre difficulté du genre autobiographique, la mise en relation par l'écrivain du passé et du présent est souvent une entreprise délicate. En effet, la personne qui tient la plume ne se retrouve souvent plus sous les traits d'un enfant ou d'un adolescent. Ainsi, l'auteur est souvent dans l'incapacité d'évoquer certains sentiments. Marguerite Yourcenar avoue dés le début de son oeuvre que rien ne lui parait plus irréel que cette plongée dans le passé, et qu'elle ne parvient pas à « prendre conscience de son unité » à faire le lien entre la petite fille qu'elle a été et l'adulte écrivain qu'elle est au moment de l'écriture. Cette difficulté de la mise en relation du passé avec le présent peut être dû aux obstacles rencontrés lors de la plongée dans les profondeurs de la mémoire : douloureux souvenirs qu'il est difficile de revivre ou encore amnésie partielle ainsi que George Perec qui déclare « n'avoir pas de souvenirs d'enfance ».

Enfin, la dernière difficulté rencontrée par l'auteur est l'obligation d'offrir de l'intérêt au lecteur : le genre autobiographique, de part ses principes, se peut d'être inintéressant pour tous sauf pour les personnes directement liées à l'autobiographe. La difficulté est donc de proposer l'histoire de sa propre vie au commun des mortels en y donnant un véritable intérêt. Cet intérêt peut être caractérisé par des procédés littéraires développés tout au long du roman, ou encore par une ouverture à l'humanité pour éviter le renfermement : l'autobiographie peut alors être témoin d'une époque.
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#Posté le samedi 20 mai 2006 05:00

Candide chapitre 1 - Voltaire

Ce texte constitue la page d'ouverture du conte et il mérite un examen particulier. Le titre nous fournit une première indication utile avec le nom de " Candide " : l'accent est mis sur le personnage, sur son éducation : " fut élevé " et sur sa mésaventure : " fut chassé ". Il est désigné comme le personnage essentiel de ce chapitre. Rien n'est dit de Pangloss, son maître : sa présence est seulement suggérée à travers " fut élevé ". Candide a eu besoin d'un précepteur.
Seconde indication : le ton de l'oeuvre sera ironique. En apparence, nous sommes en présence d'une belle histoire d'autrefois qui va se passer dans " un beau château ". L'époque ancienne est suggérée par l'archaïsme " icelui " et sera confirmée par les premiers mots du chapitre : " Il y avait en Vestphalie ", début des contes de fées et annonce d'une belle histoire. L'ironie se perçoit déjà dans le ton : un récit réaliste est annoncé comme un conte de fées.
Le premier chapitre a une fonction d'exposition : un contexte et des personnages. Voltaire le fait de manière traditionnelle, par petits paragraphes qui mettent en scène les protagonistes. Chacun est caractérisé par une spécialité et une situation familiale et sociale.

Axes d'étude
- présentation des protagonistes
- présentation du milieu social : l'aristocratie
- présentation du thème directeur : l'optimisme incarné par Pangloss


I. Les protagonistes

a. Candide
Il est le premier à être présenté. Voltaire insiste sur la correspondance entre :
- son aspect extérieur : " sa physionomie "
- son caractère : " les moeurs les plus douces "
- ses qualités intellectuelles : " jugement assez droit ", " esprit le plus simple "
- et le choix de son nom.- sur le plan moral : c'est un adolescent paisible, inoffensif : " les moeurs les plus douces " : le superlatif renforce cet aspect calme. Il est tranquille, incapable de faire le mal, ni le bien d'ailleurs : il sera désarmé face aux violences du monde. Figure transparente, incapable de duplicité, de dissimulation : " Sa physionomie annonçait son âme " : sa sincérité, sa franchise confinent à la naïveté.
- sur le plan intellectuel : il est ingénu, mais pas sot : " il avait le jugement assez droit, avec l'esprit le plus simple " : encore un superlatif. Il est capable d'éducation et de progrès, doué d'un peu de bon sens, non pas intelligent, ni borné, mais perfectible, apte à distinguer les choses dans leur réalité, mais à la longue. Il lui faudra du temps pour voir clair.
- sur le plan social : Candide est en porte-à-faux au château. Enfant naturel, non reconnu, il a un statut de marginal. Il est à l'écart d'une aristocratie sur le déclin. Candide y gagne d'être dépourvu des préjugés nobiliaires, du sentiment inébranlable d'une supériorité. Il ne possède pas de nom à sa naissance. C'est son entourage qui le définit par référence à sa " physionomie " : " c'est, je crois, pour cette raison qu'on le nommait Candide " : l.5-6. Candide ne semble exister qu'aux yeux de gens sans importance : " les anciens domestiques " : l.6-7, qui s'intéressent à ses parents. > Voltaire a fixé l'attention sur la simplicité naturelle de son personnage, sa naïveté, personnage central plutôt que personnage principal : son absence de relief l'empêchera de jouer un rôle moteur dans l'intrigue.

b. le baron de Thunder-ten-tronckh
- il est d'abord désigné par son titre, sa fierté : nom de fantaisie, avec ses lourdes allitérations en -t-, ses sonorités rocailleuses, il tourne en dérision la lignée du baron. L'étymologie de " thunder ", en anglais : " tonnerre ", ridiculise les prétentions du personnage ; " ten " est l'article allemand. " Tronckh " évoque peut-être M. de Trenck, le chef des pandours pendant la guerre de Sept Ans, lui aussi baron et qui a laissé des Mémoires.Son nom fait du baron un personnage peu sympathique et dur.
- il est ensuite défini par sa situation et ses biens, par une succession de petites phrases brèves :
- son pouvoir : " un des plus puissants seigneurs ", " Monseigneur "
- ses signes extérieurs de richesse : " tapisserie, meute, piqueur, grand aumônier " : éléments indispensables au train de vie d'un baron. > Apparence de puissance et de richesse. Il est saisi dans les attributs de son rang social et dans ses relations avec les autres : l.19-20, sans être peint dans sa personne. Mais on perçoit des distorsions entre l'apparence et la réalité : le personnage ne semble exister que par son rang social ; il n'a pas de physique, pas de portrait moral, ni intellectuel.

c. la baronne
Imposante par son poids : 350 livres = 175 kilos. Elle est dépeinte uniquement par son physique : c'est lui qui impose le respect, non pas ses qualités morales.

d. Cunégonde
Présentée physiquement seulement. Début de ressemblance avec sa mère : " grasse " : l.26, qui pourrait s'accentuer si elle continuait à mener la vie tranquille du château. Les adjectifs : " Haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante " : l.25-26 traduisent la vitalité de la jeunesse, la plénitude physique et la sensualité qui va se révéler tout au long du conte.

e. le fils du baron
Uniquement défini par sa filiation ; selon un parallélisme amusant, il est l'image du baron : " digne de son père " : l.27, et prend donc une valeur péjorative.

f. le précepteur Pangloss
Son nom est composé de deux mots grecs : " pan " : tout et " glossa " : langue ". Il est défini de manière redondante par son nom symbolique et par son rôle d'oracle : il détient la vérité : " l'oracle de la maison " : l.28 : ironie de Voltaire. Son influence s'exerce sur son élève, mais aussi sur toute la maison.=> Tous les membres de la société de Thunder-ten-tronckh sont passés en revue :
- Mais cette présentation ne respecte pas l'ordre protocolaire : Candide, le bâtard, est présenté avant le baron, mais cette prééminence est indispensable puisque c'est le monde tel que le voit Candide que dépeint Voltaire. Ensuite, Cunégonde est présentée avant son frère. Manière de mettre en doute la légitimité du pouvoir nobiliaire ?
- D'autre part, deux personnages apparaissent deux fois : Candide et Pangloss, d'abord en simples silhouettes, puis dans des croquis plus amples. Protagonistes du conte, ils ont droit à un surplus d'attention :
- Pangloss n'est jamais las de se répéter ; donc, une silhouette ne suffit pas pour le définir, il faut qu'il parle : c'est son discours, indirect, puis direct, qui nous édifie.
- Candide est la bonne foi incarnée, la confiance ; nous entrons dans les secrets de son esprit et de sa sensibilité. Il est le seul que nous connaissions de l'intérieur et dont nous soient livrées les pensées.

II. Satire de l'aristocratie

La critique des préjugés de la caste aristocratique constitue l'un des thèmes importants du conte. Aux yeux de la noblesse allemande, plus encore que la noblesse française, est affectée de deux tares majeures : l'orgueil des origines et la pauvreté.

a. l'orgueil des origines
Cette classe se fait un culte de l'ancienneté du nom, nom risible et prétentieux : Thunder-ten-tronckh. " Thunder " = le tonnerre en anglais : se prendrait-il pour Zeus ou Jupiter qui manie la foudre ? Elle nourrit des prétentions généalogiques exorbitantes : le " gentilhomme du voisinage " n'a que " soixante et onze quartiers " : l.11. Mais Cunégonde n'a que " soixante et douze quartiers " : chapitre 15, l.41. Cela représente un certain nombre de siècles : dans un siècle, on compte six ou sept générations, soit environ dix-sept ans pour l'écart entre deux générations, les femmes se mariant très jeunes ; d'où 72 quartiers x 17 ans = 1224 ans.1759 - 1224 = 535 ans. Sa noblesse remonterait à l'année 535. > Ridicule de la discrimination rendue encore plus absurde par la démesure du nombre et l'accumulation de quatre propositions subordonnées : " Les anciens domestiques soupçonnaient que., que., parce que. et que. " : l.6-12 : phrases lourdes, pesantes par la succession des " que ", suggérant toutes les arguties, les tâtonnements de ces nobles perdus dans les ramifications de leurs arbres généalogiques. Elle est très fière de son titre : il se fait appeler " Monseigneur " : l.19, titre usurpé, réservé aux princes et aux évêques. Le respect, la flatterie contribuent à créer l'illusion aristocratique.

b. une classe sociale ruinée
La famille a la sottise de se croire encore riche et puissante. Le recours à l'ironie permet de démasquer le vide des prétentions. Sa noblesse n'est fondée que sur un titre, pas sur une grandeur réelle. Les justifications données par le connecteur causal " car " la réduisent à néant. Les possessions sont tournées en dérision dans deux phrases parallèles : le château et la grande salle, signes de richesse, sont définis par des caractéristiques peu enviables : " une porte et des fenêtres " : l.15 et " une tapisserie " : l.16 : l'objet de décoration le plus banal est admiré comme la marque d'un luxe exorbitant. Le baron organise autour de lui une vie qui plagie, avec les faibles moyens dont il dispose, la vie des cours souveraines ; comme les princes allemands du 18e siècle imitent Versailles, il imite ces imitateurs. Mais le résultat est dérisoire :
- il organise des chasses à courre, mais :
- il lui faut mobiliser " tous les chiens de ses basses-cours " : l.16 pour constituer " une meute " : > de vulgaires chiens de ferme sont promus chiens de chasse.
- de même, " ses palefreniers ", c'est-à-dire les valets qui s'occupent des soins des chevaux, sont promus " piqueurs ", c'est-à-dire valets de meute pour la chasse à courre.- il lui faut aussi un " grand aumônier " : l.19 : il le trouve en la personne du " vicaire du village " > Le train de vie que veut soutenir le baron ne peut se faire qu'avec une part de simulacre : bêtes et hommes ont une double fonction : ils se transforment selon les besoins. Cependant, ces simulacres ne sont pas percés à jour par les membres de son entourage, beaucoup trop prisonniers de leur petit univers : ils y sont habitués et cela leur paraît normal.

c. cette classe sociale est tombée dans la vulgarité
Elle ne possède plus la distinction aristocratique, mais une apparence physique très commune. La baronne semble un personnage de farce ou de fête foraine. L'ironie s'exerce sur elle : un éloge apparent : " une très grande considération " : l.22 a été dévalorisé auparavant par le poids de la dame : " environ trois cent cinquante livres " : l.21. Elle a perdu toute qualité, tout mérite personnel. Pour s'imposer, il ne lui reste plus que son poids, c'est-à-dire un motif physique négatif ; elle est tournée en ridicule. La fille Cunégonde est discréditée d'abord par son prénom moyenâgeux, celui d'une ancêtre probablement, et ensuite par les consonances ridicules : le début du nom est fâcheux et la sonorité finale rime avec " ronde ". De plus, les épithètes : " haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante " : l.25, trois épithètes péjoratives qui noient la seule épithète positive : " fraîche ", la réduisent aux apparences d'un animal bien nourri et comestible. Elle est réduite à de la chair et de la peau ; et elle sera traitée, dans le conte, selon ce physique prédestiné.

III. l'optimisme incarné par Pangloss

Pangloss occupe une place de choix dès le chapitre
En introduisant ce personnage, Voltaire aborde la thèse centrale du conte : une diatribe cinglante contre les chantres de la philosophie optimiste. Voltaire attaque les deux principes essentiels de la philosophie de Leibniz :
- le meilleur des mondes possibles : Dieu nous donné un monde habitable, non pas parfait (la perfection est un attribut divin et relève d'un autre ordre), un bonheur relatif compatible avec les limites de notre nature.
- l'idée de causalité qui sert de fondement rationnel à tout système : elle postule une logique des événements qui s'enchaînent toujours selon des relations de cause à effet dans lesquelles le hasard ne peut intervenir. Le hasard n'existe pas, car il introduirait l'arbitraire dans un monde où rien n'arrive jamais sans cause ou sans raison déterminante. Grâce à cet enchaînement inéluctable, le résultat atteint toujours le meilleur possible. La succession des causes et des effets ayant un caractère de nécessité, le monde évolue vers un équilibre positif, qui est l'harmonie préétablie. Or, Voltaire voit dans l'optimisme une philosophie complètement coupée du réel et attaque sa prétention à imposer au monde un ordre qui ne repose sur aucune réalité. Il attaque de diverses manières dans ce chapitre.
- Voltaire donne à Pangloss un nom dépréciatif. " Tout langue " : c'est un être qui n'a d'autre consistance que ses discours, ses théories. Il est dominé par la passion du verbiage. Les mots de Pangloss sont vides de tout poids de la réalité ; le monde va d'un côté, l'analyse qu'en fait Pangloss va de l'autre : les deux ne se rejoignent jamais. Des discours se caractérisent par l'inadaptation au réel, leur distorsion par rapport aux faits. C'est le thème fondamental de Candide.
Voltaire fait de Pangloss un philosophe désincarné. Ainsi, il le rend plus abstrait. Pangloss n'est pas décrit : il n'a pas de présence physique, pour l'instant. Il se réalise dans le discours et se contente de penser, mais mal. Un corps lui sera infligé par la suite, un corps de désir et de maladie qui lui jouera de vilains tours.
Voltaire ridiculise l'enseignement de Pangloss. Pangloss enseigne " la métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie " : l.31 : cette accumulation de trois termes : métaphysique, théologie, cosmologie, barbare et grotesque vise à écraser non pas la philosophie de Leibniz, mais celle de son successeur Wolf qui avait inventé de découper la métaphysique de Leibniz en tranches :
- ontologie : connaissance de ce qui est, de l'être en soi
- psychologie : étude scientifique de l'esprit
- cosmologie : science des lois générales qui gouvernent l'univers
- théologie : science de la religion. L'introduction de " nigo " discrédite une science qui n'est que discours et prétend, abusivement, tout expliquer.
Voltaire utilise des exemples caricaturaux pour ridiculiser la théorie de la causalité. Les relations de cause à effet sont fantaisistes : - " les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées " : l.41, d'où le port des " chausses ", des culottes.
- " les nez ont été faits pour porter des lunettes " : l.40, d'où la présence des lunettes. La causalité justifie même la demi misère qui oblige à toujours manger du porc : " les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l'année " : l.46. La raillerie frappe ici l'abus du principe de causalité qui établit entre les phénomènes des liens indémontrables. Le recours à l'ironie présente la thèse adverse avec un tel excès dans l'éloge que le lecteur en perçoit l'absurdité : " il prouvait admirablement qu'il n'y a point d'effet sans cause " : l.32.
Voltaire fait faire à Pangloss des raisonnements faux. Ces raisonnements faux contribuent, par leur rigueur apparente, à enraciner l'erreur, dans un but politique plus ou moins avoué : maintenir l'état social inchangé. - la pétition de principe = raisonnement vicieux qui consiste à tenir pour vrai ce qu'il s'agit justement de démontrer. Attitude systématique quand il raisonne : il donne pour acquises les prémisses dont il part, il tient pour démontré ce qui est en question : " Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses ".
- le syllogisme incorrect : " Il est démontré que les choses ne peuvent être autrement (majeure) : car tout étant fait pour une fin (mineure), tout est nécessairement pour la meilleure fin (conclusion) ". Mais, la conclusion n'est pas déduite de la majeure par l'intermédiaire de la mineure : cf. Tous les hommes sont mortels (majeure), or Socrate est un homme (mineure), donc Socrate est mortel (conclusion). - le sophisme de l'accident : raisonnement qui n'est correct qu'en apparence et qui n'est conçu que dans l'intention d'induire en erreur : " Il n'y a point d'effet sans cause " : l.33 : allusion au principe de la raison suffisante de Leibniz, selon lequel il n'y a pas d'effet sans cause et tout est lié dans la nature. Affirmation arbitraire, imposée par abus d'autorité intellectuelle.
- le sophisme du " post hoc, ergo propter hoc ", " à la suite de cela, donc à cause de cela " : erreur qui consiste à prendre pour cause ce qui n'est qu'un antécédent dans le temps : " les pierres ont été formées pour être taillées et pour en faire des châteaux " : l.43-44.
- le sophisme du particulier au général dont Voltaire a spécialement horreur, car il entraîne l'incompréhension entre les hommes et l'intolérance : " dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux, et madame la meilleure des baronnes possibles " : l.34-36. > Tous les raisonnements de Pangloss auront pour trait commun, d'un bout à l'autre du conte, d'être faux, de tous les types de fausseté possibles, et grotesques par le recours immodéré aux causes.

Conclusion
Page d'exposition, elle présente :
- le thème majeur du conte : l'absurdité de la doctrine optimiste- les deux personnages principaux : Candide et Pangloss
- la satire de l'aristocratie qui aura pour support le fils du baron, personnage intermittent. La relation du maître à l'élève est marquée par l'autorité du premier, fort de ses certitudes dogmatiques, et par la docile soumission du second, admiratif et dépourvu d'esprit critique : " Candide écoutait. " : l.28
- il commence à bâtir des raisonnements comme son maître : " car " : l.51
- il utilise le superlatif : " extrêmement belle " : l.52 ;- il dresse une échelle de biens qui traduit l'optimisme dont il s'imprègne : l.53-58- il généralise comme le fait son maître : " le plus grand philosophe de la province , et par conséquent de toute la terre " : l.57-58. Or Candide ne s'est jamais éloigné du château et sa conclusion est coulée dans un moule appris. Mais ses rapports avec Pangloss évolueront lentement. Le monde de Thunder-ten-tronckh s'épanouit dans la paix. Cette société est fondée sur des rapports de puissance : la hiérarchie ne se discute pas ; la soumission des inférieurs va jusqu'à la servilité. Monde clos sur lui-même, sans aucune vue sur l'extérieur. La méthode critique de Voltaire est en place dès le début : il refuse de s'engager dans un combat d'arguments qui opposerait une autre thèse à celle des optimistes ; il choisit l'arme de l'ironie qui feint d'approuver pour mieux discréditer. Il ridiculise ses adversaires en reprenant leur vocabulaire et leurs modes de raisonnement ou en les transposant dans des registres inadéquats.
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#Posté le samedi 20 mai 2006 05:07

L'autobiographique

L'autobiographie

I. L'autobiographie, c'est quoi ?

a. ce que c'est
Le terme autobiographie (auto+biographie : biographie de soi-même) est apparu tardivement en France, en 1842 (1800 en Angleterre). Jusqu'au 19e siècle, on employait le terme de "mémoires". Selon Philippe Lejeune, dans Le Pacte autobiographique, une autobiographie, c'est le "récit rétrospectif en prose que quelqu'un fait sur sa propre existence quand il met l'accent principal sur une vie individuelle, en particulier sur l'histoire de sa personnalité." Dans une autobiographie, narrateur, auteur et personnage principal se confondent en une seule et même personne. Cela fait penser à Montaigne qui écrivait : "Je suis moi-même le sujet de mon livre" (Essais, 1580) On est assez proche aussi de l'esprit des Confessions aussi bien de Saint Augustin que de Rousseau.

b. ce que ce n'est pas
L'autobiographie se différencie de :
- la biographie dans laquelle un auteur raconte le vie de quelqu'un d'autre que lui-même.
Ex : René ou la vie de Chateaubriand d'André Maurois, Malraux de Gaëtan Picon, L'Idiot de la famille (biographie de Flaubert) (1971-72) de Sartre ...
- l'autobiographie fictive dans laquelle l'auteur et le narrateur sont bien distincts.
Ex : Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, Le dernier jour d'un condamné (1829) de Victor Hugo.
- le roman autobiographique dans lequel la réalité est agencée en faveur ou en défaveur du narrateur ou du moins travestie.
Ex : La promesse de l'aube de Romain Gary : l'auteur cède au plaisir de l'écriture romanesque ; A la recherche du temps perdu de Proust.
- les mémoires dans lesquelles l'auteur/narrateur reprend sélectivement certains événements de manière descriptive, sans rentrer dans l'analyse. L'auteur/narrateur est un simple témoin.
Ex : Mémoires du cardinal de Retz, Mémoires d'une jeune fille rangée (1958) de Simone de Beauvoir, Mémoires de Saint-Simon, Antimémoires de Malraux.
- le journal, qui s'écrit au jour le jour et dont la structure est différente de l'autobiographie.
Ex : Journal d'Anne Frank, .Journal de Gide (Attention, le Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding est un journal fictif !)

II. L'écriture autobiographique

a. le pacte autobiographique
C'est l'affirmation qu'il existe une identité entre l'auteur ; le narrateur et le personnage. C'est ce que fait Rousseau dans le préambule des Confessions.

b. les caractéristiques
- l'importance du Moi
- Le Moi émotif
L'omniprésence des pronoms personnels JE et ME, des adjectifs possessifs de 1e personne est décelable dans pratiquement toute autobiographie digne de ce nom.
- Le Moi "critique"
L'autobiographe se pose comme témoin et aussi comme analyste et juge. Il est censé avoir pris du recul sur les événements de sa vie et apporter donc un point de vue critique et/ou d'analyste.
- les souvenirs (dimension nostalgique de l'autobiographie) cf. Enfance de Nathalie Sarraute, Les mots de Sartre.

c. le mode d'écriture
- focalisation interne - emploi des temps Sont utilisés principalement le présent et le passé (pour les souvenirs cf II.2) Le présent est employé pour les réflexions qui se greffent sur le récit du passé. Le passé simple évoque les actions. L'imparfait évoque les habitudes, et les "éternise".

III. Un nouveau genre littéraire ?


a. prédominance de ce mode d'écriture dans la littérature contemporaine
L'autobiographie apparaît comme une tendance de la littérature moderne. Elle était déjà présente chez Sartre dans Les mots, Simone de Beauvoir dans les Mémoires d'une jeune fille rangée.
Parmi les contemporains, on retrouve Christine Angot et son Sujet Angot, Catherine Millet dans La vie sexuelle de Catherine M. (2001) .C'est pourquoi, on peut presque parler d'un nouveau genre littéraire à l'heure où l'individualisme est triomphant.

b. Les limites de ce "genre"
- Possibilité de "travestir" la réalité Comment être sûr de la sincérité de ce qui est écrit ? Cf. L'ère du soupçon de Sarraute. Comment être sûr que la réalité n'est pas arrangée ?
- Facilités de l'épanchement Tout le monde peut prétendre se raconter (de manière flatteuse de préférence) ; risques de dérives.de plongée dans un narcissisme pur et simple (sans intérêt littéraire ou autre) La capacité à s'épancher et à écrire ne forme pas un écrivain.

NB : L'autobiographie est écrite par un écrivain ; on ne s'improvise pas autobiographe à partir du moment où on raconte sa vie. Nécessité qu'il y ait un style, une teneur...

- La mémoire est oublieuse. En écrivant son autobiographie, on s'expose au risque de déformer les faits, d'en oublier d'autres et enfin d'en inventer certains.
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#Posté le samedi 20 mai 2006 05:10

Candide chapitre 19: Le nègre de Surinam - Voltaire

Candide chapitre 19
Chapitre 19

« En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre, il entra dans le Surinam. »


Intro :

Après avoir découvert un pays utopique (qui n'existe pas), il va continuer ses aventures, en route il perd toute sa fortune et ses moutons en arrivant sur Surinam (Guyane hollandaise). Là Candide va faire la rencontre d'un esclave noir, il va découvrir l'abomination qu'est l'esclavage. Il va être confronté à un nouveau malheur. Voilà un nouvel exemple du malheur sur la Terre et un moyen pour lui de mettre en cause la philosophie optimiste de Pangloss. Ce chapitre est d'autant plus fort qu'il suit l'Eldorado. On a un passage du Paradis à l'Enfer. Dans ce passage V. va dénoncer l'esclavage des nègres. Après l'esclavage, derrière, il va dénoncer la religion et remettre en cause l'optimisme. Mais ce qui est intéressant dans ce chapitre, c'est que la critique se fait comme un récit, comme une scène de théâtre vivante avec un dialogue et pourtant ce récit n'en sera pas moins efficace qu'un texte argumentatif.
On va suivre deux grands axes, V. mène ici deux tonalités. La première, c'est le pathétique, Voltaire veut toucher les sentiments du lecteur, son coeur, ses émotionsEt la deuxième, c'est la raison.
Cela revient souvent chez Voltaire.

I.Une scène pathétique

Ecu patagon : monnaie du roi d'Espagne.
Fétiche : 2 sens différents
1_ dieu des africains
2_prêtres religieux
Fortune : jeu de Voltaire
Double sens.
« tu fais la fortune de ta mère et de ton père » : l'argent
« si j'ai fait leur fortune mais ils n'ont pas fait la mienne » : bonheur
Généalogiste : « je ne suis pas généalogiste » : arbre généalogique, remonter le plus loin possible dans nos ancêtres.

1_ La description du nègre« En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre»
Cette rencontre avec le nègre va se faire de façon progressive. Il y a une sorte de gradation dans l'horreur plus il approche plus il voit.
Etendu : il y a quelque chose de pas normal, cela attire l'attention. Il s'approche encore un peu, il voit qu'il est torse nu, et que cet homme est en caleçon. Au début, on croit qu'il est pauvre et on se rend compte qu'il est misérable. Et, en s'approchant encore plus, on voit la stupéfaction de C. face à cette scène.
« Mon ami » : pose Candide et le nègre sur un pied d'égalité.

2_ Le discours du nègre
Il est déjà dans un état pitoyable et quand il va raconter son histoire, l'émotion va être à son comble.
Un homme n'a pas à avoir de maître « j'attends mon maître » : signe de l'esclavage, s'il dit qu'il a un maître, c'est qu'il est esclave, un homme libre ne dit pas qu'il a un maître.
M.Vanderdendur : quelqu'un qui a la dent dure : quelqu'un de méchant, le coeur dur. Ce nom ressemble au nom d'un éditeur hollandais avec qui Voltaire a des comte à régler, il lui adresse quelques coups de poignards pour se venger. « Négociant » : commerce, il s'agit du commerce d'esclave. « fameux », = riche ou méchant ?
A partir de là le nègre va répondre à C. et va faire allusion au code noir. Ce code noir qui est en vigueur dans les colonies entre les esclaves et leur maître. Ce code noir, il existe et le nègre y fait référence, on nous coupe le doigt, la main et la jambe quand on essaye de s'enfuir. C'est la règle, la loi, c'est légitime.
Meule : pour écraser les cannes à sucre et extraire le jus.
En mettant les cannes à sucre si on n'est pas adroit la meule risque de leur écraser la main.
Le nègre va raconter son histoire.

Commerce triangulaire :
1- Europe : départ avec des armes, des bijoux pour acheter les esclaves : ici c'est les parents ou les chefs de village qui vendent leurs enfants.
2- Afrique : on achète les esclaves : on échange la marchandise, et on fait la traverser où beaucoup meurt.
3- Afrique du Sud, Centrale : on décharge et le bateau repart avec du sucre et du coton vers l'Europe.
On a une petite scène vivante, on entend la voix de sa mère, cela nous émeut, nous touche, suscite la compassion. Le nègre se plaint assez peu.
« Les chiens, les singes sont mille fois moins malheureux que nous » : Hyperbole
Perroquets, singes : Exotisme
Animaux très proche de l'homme, un part la parole ou le geste, la ressemblance et l'autre part sa fidélité.
Chien : meilleur ami de l'homme, toujours là et il subit plus mais est plus heureux.
Singe : cousin de l'homme
Perroquet : parle, capable d'imiter
« disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. » : Hyperbole de façon naïve. §Ils disent qu'ils sont tous égaux pendant la messe et après le noir redevient esclave et le blanc redevient le maître.
Enfin le pathétique, quand le discours du nègre est terminé, apparaît chez C, on le trouve dans le même état de compassion, d'indignation qu'au départ.
Ponctuation du vocabulaire très forte : « O Pangloss ! », « Hélas ! », « abomination »
Et la nouvelle définition de l'optimisme est « LA RAGE », ce qui modifie le sens de la définition.
Les larmes « et il versait des larmes et en pleurant il rentre dans Suriname. »
2 allusions :

II.La critique
V. polémiste, il veut provoquer notre réaction.

1_ Critique de l'esclavage
L'esclave a perdu sa liberté et pour être un Homme, c'est intolérable.
On va voir par ailleurs, que l'esclave a également perdu son identité, il n'a pas de nom, on ne donne pas son prénom. Perte de sa langue natale, il ne la parle pas, il a été déporté et doit maintenant parler le hollandais.
On va voir par ailleurs, qu'il est mutilé, perte de son intégrité physique, une main et une jambe en moins. On voit également que c'est un homme épuisé physiquement mais moralement aussi, il n'a pas la force de se révolter. C'est un homme qui a tout perdu y compris sa dignité, liberté physique. Il a également perdu sa religion puisqu'il est déporté d'Afrique avec ses fétiches et ensuite, on le voit le dimanche converti à une autre religion qu'on lui a imposée : « les fétiches hollandais qui m'on convertit »
IL N'A PLUS RIEN.
V. veut nous montrer à travers ça, qu'on est tous coupable, tous les lecteurs du 18es, les Européens, tous ceux qui utilisent du sucre sont responsables de ce qui se passe dans les colonies.
« c'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. »

2_ Critique de la religion
2 raisons : 1-Convertion de force
La religion est intolérante, toutes les religions ne supportent pas que quelqu'un soit d'une autre religion.
2- Religion qui est en contradiction avec elle-même
INTOLERANCE
Religion basée sur l'amour : « aime ton prochain », mais elle justifie que le temps d'une messe, après chacun reprend son statut. Où est la charité chrétienne ? Où est la justice ?
V. dénonce ici une religion incohérente avec ses principes fondamentaux. Il dénonce l'Eglise, elle n'aurai jamais dut accepter l'esclavage des noirs.

3_ Critique de la philosophie optimiste
La découverte de l'esclavage va forcer Candide à revoir la théorie de son maître P. et de façon violent. Il est impossible de soutenir que tout est bien dans le meilleur des mondes, quand on voit le niveau de vie des esclaves. Candide corrige la définition de l'optimisme selon P. qui lui semble plus fidèle à la réalité : c'est la RAGE de soutenir que tout est bien quand on a mal. Sa veut dire que celui qui est optimiste ne voit pas la réalité en face, il vit dans l'illusion, refuse de voir le mal qu'il y a sur la Terre.

Conclusion :
Ce chapitre de l'esclavage joue un rôle déterminant dans la vision de C, c'est une étape clé dans sa formation. Elle le fait mûrir, évoluer et petit à petit en réfléchissant, Candide va penser par lui-même et abandonner la théorie de Pangloss.
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#Posté le samedi 20 mai 2006 05:13

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